
"Autobiographe inachevee" Page 246 Alice Bailey - Djwhal
Khul Editions Lucis Trust (www.lucistrust.org)
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Mon oeuvre..... par le Maître Tibétain
En 1919, dans le courant du mois de novembre, je me mis en
rapport avec Alice A. Bailey et lui demandai de rédiger pour moi
certaines choses, et de s'occuper également de faire publier certains
ouvrages qui, suivant l'ordre adopté pour faire connaître la vérité,
devaient bientôt paraître. Elle refusa immédiatement, n'éprouvant
aucune sympathie pour les soi-disant écrits sur l'occultisme que
distribuaient au public les divers groupes d'occultistes ; elle n'avait
aucune expérience dans l'art de
s'adresser par écrit au public ; et elle entretenait également une
profonde aversion à l'égard de toute forme d'écrits et de travail
psychiques.
Plus tard, elle changea d'idée, après que je lui eus
expliqué que l'existence des rapports télépathiques était prouvée et
qu'ils étaient l'objet de recherches scientifiques, qu'elle-même
n'était ni clairvoyante ni clairaudiente, qu'elle ne le serait jamais
et que, par-dessus tout, la meilleure preuve de vérité était la vérité
elle-même. Je lui déclarai que si elle consentait à écrire pendant un
mois, ce qu'elle transcrirait lui prouverait que la vérité s'y
trouvait, soit en évoquant intuitivement
la compréhension et la reconnaissance, soit en montrant l'existence
d'éléments de valeur pour la nouvelle ère spirituelle dont la venue
était prochaine.
Elle surmonta donc son aversion pour ce genre de travail
et pour les nombreuses présentations occultes de la vérité ; elle
stipula seulement que l'œuvre ne devrait être accompagnée d'aucune
prétention quelle qu'elle soit et que les enseignements présentés
devraient être jugés d'après leurs propres et seuls mérites.

Les Livres
Le premier ouvrage publié fut Initiation humaine et
solaire, résultat de ses premiers efforts dans ce genre de travail ;
c'est de là que partirent tous les livres qui allaient suivre ; dès
lors, elle a écrit pour moi pendant près de vingt-cinq ans. Ces
ouvrages s'inspiraient tous d'un dessein profond que vous serez sans
doute intéressés à connaître ; dans le monde entier, ils ont retenu
l'attention.
Initiation humaine et solaire était destiné à attirer
l'attention du public sur l'existence de la Hiérarchie. H.P. Blavatsky
l'avait fait par déduction et en affirmant cette existence, mais
[24@246] elle ne l'avait pas présentée par un exposé suivi. La Société
théosophique avait enseigné l'existence des Maîtres, quoique H.P.B.,
dans une communication adressée à la Section Esotérique, ait déclaré
l'avoir amèrement regretté ; cet enseignement fut en effet déformé par
la suite par les dirigeants
du mouvement théosophique qui commirent certaines erreurs de base.
Les Maîtres tels qu'ils les dépeignirent se caractérisaient
par une impossible infaillibilité, impossible en effet, parce que les
Maîtres eux-mêmes évoluent. L'enseignement auquel ils souscrivaient
absorbait l'intérêt pour le développement du soi et entraînait une
intense focalisation sur la libération et le développement personnels.
Les personnes désignées comme initiés ou disciples avancés étaient
absolument médiocres et sans aucune influence en dehors de la Société
théosophique elle-même.
L'accent était mis sur une dévotion totale à l'égard des Maîtres et de
leurs personnalités. On montrait également comment ces Maîtres
intervenaient dans l'organisation et la vie des divers groupes
d'occultistes qui prétendaient travailler sous leur direction. Ils
étaient rendus responsables des erreurs commises par les dirigeants de
ces groupes qui se réfugiaient derrière des déclarations telles que :
le Maître m'a demandé de dire..., le Maître désire que les membres
fassent telle ou telle chose.

Ceux qui obéissaient étaient considérés comme des membres
de bon aloi ; ceux qui ne manifestaient pas d'intérêt et refusaient
d'obéir étaient considérés comme des renégats. On empiétait constamment
sur la liberté individuelle et on justifiait les faiblesses et les
ambitions des dirigeants.
Connaissant toutes ces choses, A.A.B. refusa de participer
à des activités de ce genre qui se reproduisaient constamment ; telle
est en effet l'histoire de tous les groupes d'occultistes connus qui
attirent l'attention du public. Même si j'avais voulu travailler de
cette manière, ce que ne fait personne affilié à la Hiérarchie, elle
m'aurait refusé sa collaboration.
Les Lettres sur la Méditation Occulte suivirent. L'ouvrage
indique une manière quelque peu nouvelle d'aborder la méditation, basée
non pas sur la dévotion à l'égard des Maîtres, mais sur la
reconnaissance de l'âme en chaque être.
Il fut suivi du Traité sur le Feu Cosmique. Ce livre
développe l'enseignement donné dans La Doctrine Secrète au sujet des
trois feux, le feu électrique, le feu solaire et le feu par friction ;
il est la suite attendue de cet enseignement. Il donne aussi la clé
psychologique de la Doctrine Secrète et il est destiné à être étudié
par les disciples et les initiés à la fin de ce siècle et au début du
siècle prochain, jusqu'en 2025.

Par la suite, A. Bailey se rendit compte qu'elle me rendait
service, ainsi qu'à l'œuvre, en écrivant certains livres qui [24@247]
seraient utiles aux étudiants (en supplément à la transcription de mes
écrits et à la reprise de mes notes) et qu'il s'agissait de les rendre
en un langage particulier – composé ensemble – apte à provoquer une
réflexion profonde sur les idées qu'il appartient à mon dharma de
rendre publiques. Le psychique ordinaire et le médium ne sont pas
toujours d'un haut degré
d'intelligence ; A.A.B. voulait démontrer, en apportant son aide au
travail futur, qu'on pouvait certainement accomplir un travail d'ordre
psychique et avoir cependant une réelle intelligence. Elle écrivit donc
quatre livres qui sont entièrement son œuvre personnelle :
La Conscience de l'Atome,
L'Ame et son Mécanisme,
De l'Intellect à l'Intuition,
De Bethléem au Calvaire.
En collaboration avec moi, elle a également rédigé un livre
intitulé La Lumière de l'Ame. J'ai paraphrasé les Sutras de Patanjali
écrits en sanscrit, et elle donna les commentaires, s'adressant à moi
de temps à autre pour s'assurer du sens exact des Sutras.
Puis, ce fut le Traité sur la Magie blanche. Il a été écrit
il y a bien des années. Au fur et à mesure qu'il était rédigé, il était
donné aux étudiants les plus avancés de l'Ecole Arcane, chapitre par
chapitre, et seulement comme matériel de lecture. C'est le premier
livre qui ait jamais été présenté sur l'entraînement et la maîtrise du
corps astral ou émotionnel. De nombreux ouvrages d'occultisme ont été
écrits sur le corps physique et sa purification, et sur le corps
éthérique ou vital ; la
plupart sont des compilations de livres anciens ou modernes. Mais mon
livre a pour but d'entraîner l'aspirant moderne à la maîtrise de son
corps astral, avec l'aide du mental, celui-ci étant à son tour illuminé
par l'âme.

L'ouvrage entrepris ensuite fut le Traité sur les sept
Rayons. C'est là un ouvrage assez long qui n'est pas encore terminé. Il
prend la forme de quatre volumes, dont deux ont déjà été publiés, un
autre est prêt à l'être et le dernier est en cours de rédaction. Les
deux premiers volumes traitent des sept rayons et de leurs types
psychologiques ; ils posent ainsi les bases d'une nouvelle psychologie
dont le chemin a été préparé par la psychologie moderne, toute
matérialiste qu'elle soit. Le troisième
volume est entièrement consacré au sujet de l'astrologie ésotérique ;
il offre donc un sujet à part. Son but est de faire connaître la
nouvelle astrologie fondée sur l'âme et non sur la personnalité.
L'astrologie traditionnelle établit un horoscope [24@248] indiquant le
sort et la destinée de la personnalité ; lorsque la personnalité est
peu évoluée ou que son développement est moyen, il peut être, et il est
souvent, étonnamment exact.
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Titre, rang et
position personnelle ne comptent pour rien. C'est l'enseignement qui
compte |
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"Autobiographe inachevee" Page 248 Alice
Bailey - Djwhal Khul Editions Lucis Trust

Il ne l'est pas autant cependant dans le cas de
personnes hautement développées, d'aspirants, de disciples, d'initiés
qui commencent à dominer leurs étoiles et par conséquent leurs actions.
Les événements deviennent alors impossibles à prédire. La nouvelle et
future astrologie s'efforce de donner la clé de l'horoscope de l'âme,
conditionné par le rayon de l'âme et non par le rayon de la
personnalité.
Mon enseignement est suffisant pour permettre aux
astrologues, intéressés et attirés par cette nouvelle méthode, de
prévoir l'avenir sous l'angle de cette nouvelle approche. L'astrologie
est une science fondamentale des plus nécessaires. A.A.B. a peu de
connaissances en astrologie ; elle ne sait pas établir un horoscope et
serait incapable de vous dire le nom des planètes et les maisons
qu'elles gouvernent. Je suis donc entièrement responsable de tout ce
qui est écrit dans ce livre
ainsi que de tous mes autres livres, sauf, comme je l'ai expliqué, d'un
seul, La Lumière de l'âme.

Le quatrième volume traite du sujet de la guérison et de
l'antahkarana, pont lancé au-dessus de la brèche entre la Monade et la
personnalité ; il présente également les Quatorze Règles que doivent
apprendre à suivre ceux qui reçoivent l'entraînement en vue de
l'initiation 1. De nouveau, j'attire votre attention sur ce dernier
point, vous rappelant que A.A.B. n'a jamais émis la moindre prétention,
à titre privé ou public, d'être une initiée ; elle ne le fera jamais.
Elle sait que c'est contraire
à la loi occulte.
Trop de gens n'étant en aucune façon spirituellement
focalisé ou ne possédant pas une certaine capacité intellectuelle
prétendent être des initiés. Ils causent ainsi un tort certain, car ils
amoindrissent, aux yeux d'un public attentif, l'idée de la Hiérarchie
et de la nature du discipulat.
Je prends donc l'entière responsabilité des Quatorze
Règles, de leur explication et de leur application. A.A.B. n'a jamais
prétendu être plus qu'un disciple actif occupé à l'œuvre mondiale, ce
que personne ne peut nier. Elle a répété bien des fois que le terme
"disciple" est l'appellation légitime et non sujette à controverse ;
c'est également le mot propre qu'il convient d'employer pour tous les
degrés de travailleurs de la Hiérarchie, du disciple en probation, plus
ou moins
affilié à certains disciples de la Hiérarchie, jusque et y compris le
Christ lui-même, Maître de tous les Maîtres et Instructeur aussi bien
des anges [24@249] que des hommes.

Elle s'est constamment élevée, avec mon entière
approbation, contre la curiosité malsaine s'exerçant à l'égard de la
position et des titres, ce qui est la plaie de si nombreux groupes
d'occultistes. Cette curiosité alimente un vaste courant de
compétitions, de jalousies, de critiques et de prétentions qui
caractérisent la majorité des groupes d'occultistes, qui enlèvent tout
sérieux à tant de leurs publications et qui empêchent le public en
général de recevoir l'enseignement dans sa
pureté et sa simplicité. Titre, rang et position personnelle ne
comptent pour rien. C'est l'enseignement qui compte, sa vérité, son
appel à l'intuition. Il faut que vous vous en souveniez.
Les disciples acceptés d'un Maître qui parviennent à le
reconnaître intérieurement – reconnaissance pouvant être corroborée par
leurs condisciples et utilisée par le Maître comme une situation de
fait – connaissent leur Maître, acceptent son enseignement, et, entre
eux, parlent de lui tel qu'Il est vis-à-vis d'eux, mais ils n'en
parlent pas au monde extérieur.
Les livres ont donc été publiés d'une manière continue
pendant des années. Lorsque le Traité sur les Sept Rayons sera terminé,
un ouvrage moins volumineux traitant du mirage sera prêt à être
imprimé, et l'Etat de Disciple dans le nouvel âge se trouvera déjà à la
disposition du public ; alors, en ce qui me concerne, A.A.B. aura
terminé sa tâche ; elle pourra reprendre le travail dans l'ashram de
son Maître : le travail d'un disciple.

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